Un collier gothique, rock, presque post-apocalypse d'Ottolinger

L'univers de la haute joaillerie fascine de nombreuses femmes, mais elles ne sont pas toutes clientes, loin de là. Madeleine Holth, qui contribue au webzine Interview, fait partie de celles qui n'apprécient pas les bijoux. Elle a pourtant flashé sur un collier rock proposé pourtant par une grande marque, Ottolinger. À force de chercher (ou pas), on finit toujours pas trouver un bijou qui nous parle. Elle explique comment elle a trouvé le sien :

Un collier en faux diamants et... silicone

Les bijoux, ça craint. À partir du moment où vous les achetez, leur durée de vie se met à baisser, ils se dirigent lentement mais sûrement vers leur mort via le processus de l'oxydation (note : c'est en partie vrai, mais l'entretien des bijoux en argent permet de ralentir drastiquement ce processus, Mme Holth!), à moins qu'il s'agisse de joaillerie fine. Les bijoux, cela ne me parle vraiment pas. Soit ils sont génériques, soit ils sont trop axés sur les tendances pour en valoir la dépense.

C'est pourquoi je n'achète pas de colliers ou de bracelets précieux ou semi-précieux. Cependant, dans le trou du lapin de la mode que représente mon flux Instagram, je suis tombée sur une publication récente de la marque de mode Ottolinger. Je me suis alors attardée sur la photo d'un collier qui attiré mon attention. Je me suis dite : ce collier, il me le faut !

Chose surprenante, car Ottolinger est une société suisse qui est le 3e plus gros exportateur de joaillerie fine du monde. Je fus donc quelque peu étonnée de voir une telle pièce dans son répertoire. Même si la marque est quelque peu connue pour sa nature destructrice, c'est quand même osé. Elle a créé LE collier de la collection printemps été 2020, à savoir un collier en faux diamants qui est trempé à moitié dans du silicone noir.

Ce type de collier, sans les souillures, tire ses origines dans les décolletés des femmes du 19e qui se rendaient à l'opéra ou qui participaient à d'autres soirées extravagantes qui imposaient robe de soirée et gants blancs. Il s'agit du genre de collier que l'on porte uniquement durant les grandes occasions. C'est trop vulgaire pour une réunion du lundi au bureau, trop extravagant pour un resto entre amies. Mais avec cette interprétation au silicone, sa fonction change diamétralement : il dit adieu aux salles de bal.

Du goudron et des plumes pour le bon goût

Avec ce collier post apocalyptique, c'est comme si Ottolinger avait pris les bijoux de Marilyn Monroe dans Les hommes préfèrent les blondes pour les jeter dans une piscine de goudron afin de leur donner une nouvelle vie. J'adore ce collier car il semble totalement inadapté. C'est comme un bras d'honneur à la prétention des classes supérieures, une souillure qui couvre leur éclat. 50 % bal des débutantes et 50 % gothique post apocalyptique, il s'agit de l'union parfaite de 2 opposés. C'est comme le rêve d'appartenir à une société bien loin de votre réalité, mais avec une touche noire et dystopique. Cette interprétation post apocalyptique du collier de prom sera mienne d'ici 6 mois, peu importe son prix. À ce propos, j'espère que ce ne sont pas de vrais diamants qui se cachent derrière cette couche opaque de silicone noir.


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